About Me
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9.24.2005 - Un jour ordinaire - Acte I
- Alors, tu vas faire quoi aujourd’hui ?
Elle haussa les épaules sans grande conviction.
- Aucune idée. Sans doute pas grand-chose. Et toi ? Des projets ?
Le silence répondit pour lui.
Elle se leva de table, s’étira rapidement sous les flux de lumière qui passaient aux travers des carreaux.
Etait il possible de se sentir encore plus seule entourée de monde qu’en restant dans la solitude des murs de son appartement ?
Certaines choses changent, d’autres pas… hélas.
Les journées étaient interminables ici. Il faisait pourtant beau, le jardin était agréable.
Souvent, elle prenait son livre et s’installait confortablement sur les grands fauteuils de la terrasse, profitant du calme et du bain de soleil au grand air.
- J’irais sans doute me balader un peu dans les bois – dit-t-elle à voix basse.
Comme saisissant l’occasion lui aussi, il répondit aussitôt.
- Tu veux y aller seule ou je peux venir ?
- Oui, viens si tu veux, profite.
A vrai dire, elle aurait préféré la solitude des bois, mais elle ne s’était pas sentie le courage de refuser et surtout de lui dire.
Les graviers de la cour crissèrent et une voix suraiguë s’échappa. En quelques secondes, un petit homme, haut comme trois pommes toutes menues, s’élança en avant se jetant dans ses bras.
- Tatie !! s’écria t il de sa voix aigrelette.
Il enfouit son visage enfantin dans le tissu de ses vêtements et elle le pressa tendrement contre elle.
D’ordinaire, elle n’aimait pas trop les enfants. Elle y trouvait une montagne de contraintes. Ils étaient bruyants, demandaient trop d’attention et de patience. Mais lui, elle était obligée de l’aimer. Elle n’y pouvait rien. C’était viscéral.
Du haut de ses six ans, il s’épanouissait au soleil comme une fleur assoiffée de vie. Chacun de ses sourires étaient mutins. Il savait qu’un simple étirement de sa bouche, que la lueur qui brillait à ses yeux suffirait à lui offrir ce qu’il voulait.
Sans doute avait il surpris l’esquisse de la conversation.
- Je peux venir avec vous ?
Et ce fut presque les mots que l’on entend avec un soulagement inattendu.
Elle profita de l’opportunité pour lui répondre d’un ton enjoué. Il était fou de joie et déposa un gros baiser mouillé sur sa joue.
Egoïstement, elle songea avec délivrance qu’elle ne serait plus seule avec lui ainsi, évitant les conversations ennuyeuses qui ne l’intéressait nullement.
Tous trois prirent donc le chemin ombragé du bois. Il s’étendait sur des centaines d’hectares et était le lieu de prédilection des promeneurs du dimanche. Quelques voitures arrêtaient à l’orée de la forêt laissaient supposés quelques fouilles de champignons. Il y avait souvent du monde ici. Le vacarme de la ville, ses murs de bétons, ses trottoirs bondés et ses vitrines agressives étaient loin derrière. Il ne restait que des arbres à perte de vue, de grands chênes montants si hauts que leurs cimes affichaient leurs volontés de rejoindre le ciel.
Le petit homme sautait en tout sens, courait, allait, venait, grimpait aux arbres, aux collines terreuses. Il jetait avec engouement des brindilles et cailloux aux chiens pour les faire nager dans le petit lac terreux. Il imitait le cri des oiseaux, déployait ses bras comme des ailes et courait à corps perdu pour s’envoler. Et sans doute dans son cœur il y arrivait.
Il s’accrocha aux racines, tomba à terre, s’agrippa aux ronces mais jamais dans ses yeux ne brillèrent une seule larme. Il affichait avec conviction un sourire un peu tordu qui semblait crier : ‘Je ne me suis pas fait mal ! Je suis un grand !’. Et il repartait de plus belle.
Il était le centre de cette après midi, simplement par son agitation enfantine, ses pas qui soulevait la poussière et les feuilles. Il sentait bon la vie.
A suivre …

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7.29.2005 - Etat d'âme ...on s'sent seul
J' sais qu' les temps ont bien changé Que j' n'ai pas su me recycler Qu'il faut jouer d' l'ordinateur Qui s'en balance bien des rêveurs L'amour sur Internet A remplacé la couette On gagne du temps Mais plus d' sentiments Faut quand-même dire merci A ces grands moments d' la vie Où on s' sent seul Merci, merci, c'est bon d'être seul.
J' sais remplir un cendrier Découvrir la vérité Dans un' bouteille entre amis Voir le jour quand la nuit finit Mais il faut s' mettre au CD-ROM S' parler par téléphone C'est important D' remuer du vent Faut quand-même dire merci A ces grands moments d' la vie Où on s' sent seul Merci, merci, c'est bon d'être seul.
Je n'sors plus de chez moi J' suis dev'nu hypocondriaque Je m'méfie d' tout Et surtout D' la pollution d' la ville Qui m' tétanise, qui m' fragilise J'ai peur de tout J'ai besoin d'un gourou J' veux pas sortir armé Mes nerfs pourraient craquer Pour peu qu'on m' dise : Bonjour Et c'est "Pearl Harbor" en plein jour
Ça s'rait trop négligé Cinéma-vérité Peu important On en voit tout l' temps
Mais faut quand-même dire merci A ces grands moments d'la vie Où on se sent seul Merci, merci, c'est bon d'être seul.
Eddy Mitchell

Kenneth B. Miller
Somnia #1
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7.29.2005 - Même si ...
Même si j'ai envie de toi Même si tu sens mon cœur qui bat Si je veux du bout des doigts Coucher avec toi Même si je suis sincère Même si tu peux lire dans mes yeux clairs Que je fais tout pour te plaire Ne te laisse pas faire Même si je suis saoul Même si j'écris des poèmes Comme un enfant blême
N'ouvre pas, sauve-toi, oublie-moi, Couvre-toi, pense à toi, laisse-moi Si on s'attache à nous, on va se faire mal Si on se cache de tous, on va vivre mal Ça me fait rêver, ça me fait pleurer Faut pas rêver, faut pas pleurer Même si tu es sûre de moi Même si tu me veux Si tu me crois quand je dis n'importe quoi Dormir avec toi Même si je suis fou Même si je sais que je t'aime Comme un enfant blême
Marc Lavoine ...

L'oubli des Passions
Jean Delville
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7.24.2005 - L'envers du décor
Faisant suite à une précendante note sur les bienfaits de Photoshop, je me lance et j'ose enfin vous montrer l'envers du décor!
Voilà l'affreux Avant / Après, tiraillant et rageant par l'inaccessible rêve qu'il projette.
Encore que ... être surexposée de lumière en permancence, ça doit un peu fatiguer les yeux et finalement, ça doit pas être si esthétique que ça pour tous les jours. Mais quand même... on appréciera son incroyable efficacité à gommer les doubles mentons et à réduire les proméminances nasales!
Moi je dis ... quand même ... si vous pouviez m'offrir une palette de maquillage Photoshop ... je resterais preneuse!


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7.21.2005 - Qu'est ce qu'un sourire?
La Ride,
En apparence, il n'est rien qu'une grimace sur un visage. Un simple tiraillement des lèvres qui s'ouvre vers l'infini. Quelques fois un peu béat, quelques fois sordide sillage, La bouche se plisse et s'exprime bien mieux en non dit.
S'il est parfois un peu moqueur, il penche souvent d'un côté, Et quand les rires font place aux pleurs, il s'échoue désabusé. S'il est franc et bien marqué, il s'illumine dans son contour, Brillant des lèvres jusqu'aux oeillets, il se répond à son tour.
Mais le plus simple pour le saisir, c'est avant tout de le donner. C'est prendre plaisir à le sentir, très lentement se dessiner. Bien que silencieux, il sait se faire bruyamment entendre Et emplit les bienheureux qui savent le laisser se répandre.
Et si l'on cherche encore à savoir d'où vient ce bonheur, Ce tiré de joie qui nous procure cette ingénue satisfaction, N'oublions pas qu'avant d'être grimace il fut passion, Car un sourire n'est rien d'autre qu'une ride du coeur.

pour ma tite indo-fée 
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7.18.2005 - Ceux qui vivent...
Poème du très grand et regretté Victor Hugo ... un de ses innombrables et talentueux textes que j'affectionne particulièrement...
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime. Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche. Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Inutiles, épars, ils traînent ici-bas Le sombre accablement d'être en ne pensant pas. Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule. Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule, Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non, N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ; Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère, Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère, Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus, Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus. Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ; Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ; Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas, Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas. L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ; Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule, Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit, Ils errent près du bord sinistre de la nuit.
Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière, Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va, Rire de Jupiter sans croire à Jéhova, Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme, Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme, Pour de vains résultats faire de vains efforts, N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts ! Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères, Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires, Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ; Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités, Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues, Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !

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7.17.2005 - This Women Coil
Il s’agit en fait d’un blog qui n’a qu’une prétention. Mettre en avant certaines artistes féminines dont la plupart sont, malheureusement, inconnues encore du grand public.
S’ouvrir vers de nouveaux horizons, sortir du carcan de la musique dont on nous assène les oreilles sur les grandes ondes ou à la télé.
Les styles sont plus que variés, offrant une incroyable panacée aux plus difficiles et un éventail de choix pour ne pas rester cloîtré dans son petit univers.
Quelle belle idée que de mettre les femmes à l’honneur au travers de leurs talents artistiques.
Aujourd’hui mon Rackim, c’est toi que je mets sur ce champ d’honneur, pour te remercier de ce travail que tu accomplis avec tant de passion et pour le surprenant ami que tu es pour moi jour après jour.
http://thiswomencoil.blogspot.com/
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7.15.2005 - Le Quatrième Automne
Un roman d'une incroyable force sur les déboires d'un jeune homme, bègue depuis l'âge de 4 ans, à la suite d'un grave accident de voiture.
Il partait pour découvrir la mer pour la première fois de sa vie. Il aurait presque pu jouir de ce spectacle si une voiture n'avait pas coupé brutalement la route.
Installé sur les genoux de son oncle, à l'avant de la voiture, excité à l'idée de voir ces eaux si vastes et si bleues, le choc arrive. Julien traverse le pare-brise.
Des années plus tard, il se confronte toujours aux regards des autres, ceux qui ne prennent pas le temps de le connaître. Le choc des mots, la violence d'un silence, la prison d'une bouche qui étrangle la pensée.
Des mots durs et violents, de l'incompréhension, de la peur et un désir de crier à toute la terre qu'avoir du mal à parler ne signifie pas être diminué.
Un message bouleversant qui ne donne envie que d’une chose… prendre le temps de s’ouvrir aux autres et d’écouter plus attentivement ce qu'ils ont eux aussi à dire.
Le roman est disponible en PDF directement sur le site de l’auteur.
http://www.le4automne.com/

FUSELI, John Henry, Silence
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7.15.2005 - Le cri de la mouette!
Emmanuelle Laborit est née sourde. Elle ne connait pas notre univers à nous, entendants. A une époque où le langage des signes n'était pas encore passé dans les moeurs, Emmanuelle nous raconte les déboires d'une enfant différente, qui se braque contre une société qui veut à tout prix la forcer à ressembler aux autres, à ceux qui entendent. Sa force de caractère lui donnera pourtant le courage de vouloir à tout prix communiquer et avoir un pied dans les deux mondes. Ceux qui entendent, et ceux qui ressentent. Elle sera la première sourde à recevoir un Molière pour son interprétation des Enfants du Silence. Ce livre, tiré d'une histoire autobiographique ouvre sur un horizon hors de notre portée. A 7 ans seulement, Emmanuelle apprend le langage des signes... Comment peut on envisager de se construire sans que l'on puisse comprendre quoique ce soit à ce qui nous entoure, nous qui pensons dans notre langue maternel et qui nous évoluons grâce à cela. Priver quelqu'un de communiquer, c'est l'empêcher de se construire, de vivre. Témoignage poignant mais aussi support de reflexion sur la vie, la perception, les sens. Si le livre à quelques passages répétitifs, le message est toujours aussi important à capter.
Un livre à lire, au coin du coeur.

Les Enfants du Silence
En savoir plus sur Emmanuelle LABORIT
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