Je pense que ton attitude morifosse est exemplaire. Les personnes qui travaillent en tant qu'enseignants ne sont pas là pour "aimer" les enfants. C'est un peu dur vu comme ça mais c'est d'abord un métier et la compétence n'a rien avoir avec l'amour pour les enfants. Un enseignant doit d'abord aimer son métier, et aimer transmettre son savoir. Mais quand même une attitude bienveillante est plus que souhaitable, surtout pour de très jeunes enfants qui ne savent pas encore jongler avec toute la palette des sentiments humains. Encourager les efforts, valoriser les acquis des enfants ça fait aussi parti de ce travail.
En tant que surveillante (c'est pas tout à fait pareil quand même que l'expérience d'enseignant) j'ai déjà été confronté à des ados qui me faisaient la misère. J'ai dû les sanctionner de manière exemplaire. Ils ont dit que je les sanctionnais parce que je ne les aimait pas. Ce à quoi j'ai répondu que je n'étais pas là pour les aimer. Ils avaient l'air très choqués (c'étaient un frère et sa soeur tous deux dans la même classe). J'ai un peu regretté, et j'en ai parlé à une amie qui voit régulièrement un psy. Son psy quand elle lui a relaté l'histoire, m'a approuvé en disant que c'était courageux et vrai, mon travail ne consistait pas à aimer les enfants, mais à veiller à ce qu'ils soient en sécurité dans le collège. J'ai vu les parents de ces enfants (parce que bien sûr, comme je suis méchante ma sanction devait être levée) , et honnêtement ils m'ont semblé être de bons parents, peut-être quand un peu trop laxistes par excès (peut-on trop aimer ses enfants...

) d'amour pour leurs enfants. Ils étaient toujours béats devant eux.
Bizarrement après cette histoire, ces gamins sont devenus adorables avec moi, et même après qu'ils aient quitté le collège, dans la rue quand je les croisaient, ils s'arrêtaient, me fesaient la bise et me parlaient de leurs études.