finette a écrit :Ok, je suis donc un des ces moutons de panurge qui a osé se marier parce que cela l'arrangeait considérablement dans sa vie (ben oui, c'est très con, mais psychologiquement je ne supportais pas de ne pas avoir le même nom que mon fils, encore un des clichés imposé par notre société sans doute

).
Te maries-tu donc pour ne plus avoir à porter ton propre nom?
"Le plus difficile [...] c'est encore d'identifier et de rejeter les images qui nous enferment dans le ghetto sexuel. Elles collent à notre peau, à notre esprit, au plus profond de nous-mêmes comme de la glue tant il est vrai que les images les plus fausses, habilement présentées, mille fois répétées, peuvent paraître plus réelles que la réalité."
Maternité esclave -1972- 10/18 ed.
En plus, on a fait une grande fête avec toutes les personnes qui comptaient à nos yeux autour de nous.
Pourquoi?
Parce qu'on avait envie de faire une fête et que c'était un bon prétexte.
Pourquoi une fête pour un mariage et pas pour n'importe quoi d'autre?
Sans doute parce que le mariage représente un rite de passage.
On n'est plus "la fille de....", on devient "Madame" et l'air de rien cela change beaucoup de choses.
Et ça change quoi? N'est-ce pas de ta faute si tu as endossé le personnage de fille de, et si pour t'épanouir aujourd'hui, tu as besoin de revêtir celui de femme? Re-tarte à la crème: "On ne naît pas femme, on le devient"... (Quizz à deux balles: qui a déclaré cela?). La femme, la mère, la jeune fille sont autant de rôles sociaux. Si tu en as conscience, tu peux parfois t'en détacher, histoire d'essayer de devenir ...toi.
Tu universalises (voir plus haut) le "rite de passage à l'âge adulte" (voir beaucoup plus haut). Où t'as t'on fait croire qu'ils ont de tout temps existés? Seuls certains "primitifs" comme les aurait appeler papa Freud ont ce genre de rites. L'humanité ne se résument pas à eux seuls...
Et plus généralement, comment faire l'apologie des rites d'entrée dans la société? (Qui sont avant tout des rites de soumission au groupe). Les scarifications, les mutilations, les agressions du groupe sur l'individu, qui sont la majorité des modes "opératoires"

en matière de rites d'entrée, ne me semblent ni respectables, ni à remettre au gout du jour.
Et si vraiment tu as besoin de rites, dans nos sociétés, tu as le choix. Tu peux faire ton marché, on est pas en URSS, il n'y a pas que le mariage en stock: baptême, entrée à l'Ecole, BAC, premier rapport sexuel, premier gosse, circoncision, permis de conduire, et je ne parle pas des si amusantes tortures post-BAC appelées bizutage.
Non, comme je le disais, le rite de passage à l'âge adulte ne s'est pas pratiqué partout ni de tout temps. Quand l'Enfant n'existait pas (moyen-âge européen), dis-moi comment on aurait pu le faire sortir de cette situation-là !
En qq sorte c'est l'acte symbolique pour montrer qu'on est définitivement émancipé de ses parents, qu'on fait parti à par entière du monde des adultes.
Certes, mais de tout temps les hommes ont eu des rites de passages pour montrer qu'un homme ou une femme entrait dans le monde des adultes. Ces rites, dans nos sociétés modernes n'existent plus; il est donc possible qu'inconsciemment on cherche à les reproduire; et le mariage me semble un bon moyen de le faire.
Et pourquoi demander du symbole?
Qu'y a t'il pour vous de si choquant de vouloir vivre réellement pluôt qu'en images? Un acte symbolique n'est -par définition- pas un acte réel!
Primitif comme raisonnement?
Non, au contraire: ton raisonnement est très contemporain.
Avant, les rites et autres traditions ne se choisissaient pas, leur réalisation était à peu près obligatoire pour tout un chacun (sauf bien sûr pour les ermites, les fadas, les sorcières...). A propos du mariage, on te mariait, et apres on te demandait ton avis. L'individu contemporain a la chance de ne pas être tenu de suivre tel rite ou telle tradition. Le fait de ne pas vouloir se poser de questions quant à ce que l'on fait est déjà une prise de position.
Bref, strictement rien à voir à mon avis avec une qq pression culturelle qui nous serait exclusive mais plutôt vraiment avec ce qui compose l'essence même de la nature humaine depuis la nuit des temps
C'est quoi la nature humaine?
Tu la connais, toi?
Je ne
crois pas (comme on pourrait
croire en Dieu) en la nature humaine.
Certains disent que c'est le Bien, d'autres le Mal, d'autres le language, d'autres l'Amour, les maths, la gourmandise, la croyance en Dieu, la civilisation, le plaisir sexuel, et j'en passe, mais tous ces clichés sont réfutables, car non-absolus. Les nombreux cas d'"enfants sauvages" sont la pour nous rappeler si l'on en a encore besoin ce fait: lorsqu'un petit d'hommes n'est pas élevé par des humains, lorsqu'il est laissé
à l'état de nature, il ne devient jamais un humain: même revenu au contact de la civilisation, une fois adulte, il est notemment incapable d'apprendre un langage articulé, incapable d'accéder à une pensée conceptuelle... bref, incapable de comprendre un rite de passage... Sa nature humaine se serait-elle évaporée?
Dire que tel phénomène produit et reproduit ne signifie en aucun cas qu'il est l'Essence de l'Homme.
Tout cela tient pour moi des relents de la culture judéo-chrétienne, qui cherche à naturaliser les comportements et qui par exemple cherche à trouver le gène de la dépression, du bonheur, de l'obésité, ou de la délinquance.
Alors, franchement, la pression sociale et les moutons de panurge, faudrait peut être réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez avant de ne vouloir voir que ça...
Je renvoie l'insulte, nananère, voir ce que je viens d'écrire...
Mais je peux également vous retourner le compliment.
Ne pas vouloir se marier n'est ce pas en fait un excellent moyen de ne pas couper le cordon ombilical?
En ne s'engageant pas avec un autre homme ou une autre femme, est ce que quelque par ce n'est pas une tentative, même inconsciente, de rester la "fille de " ou le "fils de "?
Ca doit être la quatrième fois sur ce topic que je dois répéter que je compte me marier d'ici quelques semaines voire quelques mois. Parce qu'apparemment, ceci m'est destiné....
Et dois-je m'étaler sur ma vie personelle?
Alors, voilà , je suis une petite fille qui n'est jamais sorti avec quelqu'un, de peur que cela me contraigne à sortir des jupes de ma mère... Non mais sérieusement!
Donc que l'on essaie de me coincer (je sais, tu ne l'as jamais écrit...

)sur le sujet de la peur de l'engagement du simple fait que je décrie le mariage me parait pour le moins hors sujet. En tout état de cause, il est vraiment regrettable de n'avoir que le mariage comme possibilité d'engagement, pour couper le cordon ombilical... Ou cela suppose que l'on ne va pas chercher loin la solution: se marier, comme ses parents, comme ses grands parents, je t'épargne ceux qui les ont précédés...
D'ailleurs, pourquoi est-ce que tu nous implique toutes deux dans ton message? Pourquoi prends tu ma critique du mariage pour
toi, et pourquoi veux-tu
me blesser?
Sur ce, je retourne brouter dans mon coin
A ta guise, mais une fois encore: je ne t'ai en aucun cas considérée comme un ovin, sachant que je ne t'ai jamais rencontrée...
Mes messages sont froids, peut-être durs, mais je m'attaque à une idéologie, et non aux individus qui peuvent à l'occasion s'en sentir proche. (Du moins, j'essaie
