Tecolote a écrit :La malveillance et l’agressivité de certains messages ne gênent visiblement pas Poupoule
En fait, si un peu quand même
Disons que le plus dur serait quand même de lire des arguments fondés qui remettraient en cause ma décision de cesser pour toujours le contrôle. Tant que ça se limite à une vague animosité plus ou moins rationnelle, c'est désagréable mais sans grande conséquence.
Surtout quand d'autres sont intéressées par mon cheminement et continuent à me poser des questions
Tout de même, je reste étonnée de l'étonnement des autres. Je ne pourrais JAMAIS revenir en arrière après la découverte de la ra. Je sais bien que la plupart des opérés vivent la chir comme une transformation (d'ailleurs j'ai mis cet avatar de papillon pour m'interroger moi-même: est-ce que je vis ces derniers mois comme une métamorphose??), mais je dois admettre que ce n'est pas du tout mon cas. Ce n'est pas le Grand Bouleversement tant attendu. C'est un détail dans mon histoire, bien moins crucial que ma découverte de la ra, et c'est un coup de pouce pour manger moins et être encore plus attentive à ma satiété. Ce n'est PAS une remise à zéro des compteurs: désormais je dois manger autrement, désormais je dois faire du sport. Ce n'est pas de l'inconscience, c'est parfaitement réfléchi. Mais c'est le résultat d'années de consultations, et je ne recommande pas mon choix de manière universelle. Pour certaines personnes, le poids restera TOUJOURS l'ennemi n°1 (et celles-là penseront bien-sûr qu'une ra est un échec si elle ne fait pas perdre de poids), mais ça n'est pas ou plus mon cas. La grande découverte de la ra pour moi, ça a été de comprendre que mon ennemi n'était pas le poids (c'était juste une conséquence, certes très inconfortable, mais ce n'est pas aux symptômes qu'il faut en vouloir), mon ennemi c'était le contrôle, ma maladie c'était l'incapacité à faire confiance à mes sensations. J'ai commencé à consulter en croyant être accro à la nourriture, j'ai vite compris que j'étais en fait accro aux régimes, à ce doux vertige provoqué par le sentiment fallacieux qu'on est le maître à bord, qu'on fait ce qu'on veut de ce corps qui prétend à une indépendance face à l'esprit, qu'on le domine, le fait plier... alors qu'on est en train de s'abîmer (presque) irrémédiablement.
D'autres gens ont d'autres histoires, peut-être que le contrôle les aide dans la vie.
J'ai toujours pensé qu'en matière de tempérament il fallait réchauffer le froid et refroidir le chaud.
Pour des comportements anarchiques introduire du contrôle peut être salvateur... pour des cases déjà trop ordonnées ça peut virer à la rigidité
C'est comme le curseur du plaisir chez Épicure: trop soif c'est douloureux, trop boire c'est douloureux aussi.
A chacun de trouver son point d'équilibre.
J'admets avoir sauté sur la ra en me disant "mais c'est bien sûr c'est ça!" car enfin on me proposait une voie de sortie du contrôle, et qui n'était pas alimentation anarchique pour autant. Ça demande beaucoup de travail, et en même temps le but est de se passer du travail à la fin.
Pour le moment, cette route me convient. Mais ce serait probablement dangereux de la prescrire à tous. Elle est liée à deux éléments centraux de mon histoire: mes régimes et mon rejet des régimes.
Juste ne me racontez pas que la ra c'est du comptage de calories soft. Si ces fadaises devaient l'emporter sur ce forum, je suivrais la voie d'Angia et me barrerais.
Merci en tout cas de vos mots de soutien!
Et maintenant, faisons en sorte que le post redevienne intéressant !
