Oui je sais les filles, ne m'en voulez pas, mais c'est super long à écrire.
Je m'étale sans doute trop, mais je fais ce texte pour moi aussi, pour le conserver dans mes archives. J'ai une très mauvaise mémoire à long terme, et rédiger me permettra de garder une trace encore fraîche de cette journée, de notre journée.
Donc je disais :
Et là , c’est le drame.
Nos familles et témoins (sauf l’un des siens qui s’est perdu, il faut dire que ma rue n’est pas évidente à trouver) prenaient le café chez mes parents pour que l’on parte tous ensemble.
Mon chéri souhaitait la jouer version traditionnelle, style il ne me voit qu’au tout dernier moment avant le départ. J’ai donc dit ok, nous avions convenu que nous partirions à 14h15 de la maison, et que je descendrais directement pour le retrouver dehors et pour partir. J’explique cela à ma mère, et à mes frangines, entre autre en précisant que j’ai besoin d’espace pour étaler ma traîne.
Puisqu’il est plus que l’heure, je demande si tout le monde est bien dehors. Ma mère me dit oui, donc je descends. J’arrive en bas et là elle me dit d’aller dans la salle à manger, que Mo attend dehors et qu’il va arriver. J'y vais et je vois tout le monde m’attendant, avec à mon avis (sans doute faussé ^^) à peine l’espace où étendre ma traîne. Donc, compte-tenu du fait que je suis caractérielle je gueule. Je dis que je ne veux pas, que ce n’est pas ce qu’on a convenu, que j’ai besoin d’espace pour mettre ma robe comme il faut et que c’est Mo qui doit me voir d'abord. Ma mère me dit d’aller dehors le voir.
Sauf que le but n’est pas celui-là ! Quitte à le faire en version traditionnelle, on le fait jusqu’au bout : les gens regardent le marié regarder la mariée. Je m’énerve … Je remonte dans la salle de bain.
Les invités sont un peu interloqués et moi je suis réellement fâchée. Je dis et répète qu’en plus, il est 14h15, qu’il était prévu qu’on parte à cette heure-là pour que chacun puisse trouver un endroit où stationner (et oui, c’est une belle galère dans ma ville). Finalement, ils bougent et prennent leurs affaires, vont dehors, et je « refais » mon arrivée. Je sors, j’étale ma robe et là …
Nouvelle crise ! J’ai dit à mon chéri que je ne voulais pas qu’il porte son manteau ni ses lunettes de soleil à mon arrivée, car moi je descendrai sans ma cape.
Et là , que vois-je ? Mon chéri de dos, avec son manteau et ses lunettes de soleil !!!!
En résumé, l’arrivée de la mariée est une véritable catastrophe !
Heureusement, quand Mo s’est retourné, j’ai vu son visage, son sourire heureux, son bonheur de me retrouver. De mon côté, j’ai du mal à sourire, ma colère s’est muée en agacement et ça se voit clairement sur les premières photos. Quelques clichés, tout le monde nous regarde, dit que nous sommes beaux. Et là je ré-insiste : il est temps que nous partions, si nous voulons être sûr que tout le monde puisse se garer et monter tranquillement à la mairie.
Nous y allons. Nous nous installons dans la superbe Juvaquatre et c’est parti pour 15 minutes de route (on a pris la version trajet extra-long ^^). Des sms nous attendent. Société surconnectée où moins d’une heure avant son mariage, un couple regarde ses téléphones … Enfin, cela aura au moins le don de faire tomber mon énervement. Nous parlons avec notre chauffeur, je parle à mon chéri, lui demande s’il n’est pas trop stressé, s’il est sûr de lui. Je le sens un peu dubitatif, limite à se demander s’il ne fait pas une connerie. Pour ma part, je suis sur une autre planète. Je ne suis pas sur celle où l’on nage dans le bonheur, ni sur celle de l’angoisse totale. Je serai plutôt sur la planète où ce qui se passe semble être la vie de quelqu’un d’autre, où l’on se croit comme dans un film.
On continue le trajet, les voitures quittent une à une le cortège pour se garer, et nous, on fait un tour de ville. Les gens nous regardent, c’est bizarre de se dire que c’est nous dans la voiture des mariés, que l’on est cette fois ce que l’on observe habituellement… Ma frangine me bipe, les gens sont arrivés place du château, alors nous nous engageons dans la rue qui y accède. Nous arrivons face aux bornes qui bloquent l’entrée à la place et attendons l’agent administratif qui viendra les ouvrir. Nous regardons autour de nous, reconnaissons la famille, les amis, ca y est, on y est, c’est le début de … la fin ? du début ? Enfin, ça commence quoi !
On passe le pont-levis, la voiture entre dans la cour. Je ne me suis même pas rendue compte que j’ai fait quelque chose dont j’ai toujours rêvé, je n’ai pas profité de mon entrée en mariée dans le château … Et je ne m’en aperçois que là , en vous l’écrivant. J’étais en fait trop concentrée sur les gens qui arrivaient, sur ce qui nous attendait après. La voiture circule dans la cour pour nous déposer presque au bas des marches. Ca par contre, je le vis à fond… ça fera au moins une chose ^^
Nos amis, notre famille arrivent à leur tour dans la cour, notre chauffeur descend de la voiture et nous laisse quelques minutes seuls, à l’arrière, et nous faisons coucou à tout le monde. L’agent administratif vient nous dire que pour la première piste la musique est rayée. Ca nous semble bizarre, on l’avait testé. Il nous assure que les deux autres titres sont ok mais pas la première. On se regarde avec mon chéri, avec une lueur de compréhension dans le regard. On rassure ce monsieur : c’est la musique qui donne cette impression !
Enfin, notre chauffeur vient nous libérer. Ben oui, sur une vieille voiture comme celle-ci, les sièges sont rabattables uniquement par l’avant et les poignées de porte sont en plus super difficiles à tirer. Nous sortons chacun notre tour de la voiture et laissons la foule nous admirer

Quelques bisous entre amoureux, quelques photos et nous faisons le tour des personnes présentes pour les saluer, et au passage, souhaiter la bonne année, car nous n’avions pas vu la plupart d’entre eux jusque là ! Cela fait super plaisir de voir tout ce monde là , pour nous, pour notre jour.
L’adjointe au maire vient en haut des marches, invite les gens à monter. Nous attendons tous les deux dans la cour, avec l’une de mes témoins. Nous demandons à l’un des témoins de Mo de venir aussi. Ils montent les escaliers devant nous, nous leur confions son manteau et ma cape. Les gens entrent dans la salle, nous sommes priés d’attendre le temps que tout le monde s’installe. La musique démarre et nous nous regardons. Je ne suis pas certaine que nous comprenons vraiment ce que nous sommes en train de faire…
Nous entrons dans la salle sous le regard de tout le monde, sur la musique que nous avions choisi. C’est étrange, je ne me sens pas stressée, pas non plus particulièrement détendue. Nous allons vers les chaises qui nous sont destinées et attendons l’invitation de l’adjointe pour nous asseoir, ce qu’elle fait rapidement. Elle lit ensuite un mot de bienvenue, pour parler de nous, de nos vies, de nos objectifs et de nos valeurs. Certains détails font sourire les gens, d’autres sont des clins d’œil à des personnes présentes dans la salle. Puis nous nous mettons debout pour la lecture de l’acte de mariage, et la question fatidique arrive
« Mademoiselle Niniel consentez-vous à prendre pour époux Monsieur Mo ? »… Ouf, pas de gaffe, je dis OUI ^^
« Monsieur Mo consentez-vous à prendre pour épouse Mademoiselle Niniel ? »… Heureusement, il répond OUI également !
« Au nom de la loi, nous vous déclarons unis par le mariage »
Et voila, c’est fait. Nous sommes désormais mari et femme !
Autour de nous les gens applaudissent, nous nous faisons quelques bisous discrets. Nous nous rasseyons, et la musique des signatures démarre.
Nous allons signer chacun les deux actes de mariage. Nous sommes mitraillés de partout par les photographes. C’est au tour de mes témoins de signer, puis au tour de ses témoins. Ils subissent le même sort, à savoir des photos sous tous les angles !
Nous reprenons nos places et l’agent administratif valide la cérémonie par la relecture de l’acte de mariage. Enfin, nous sommes appelés pour échanger les alliances. Nous allons nous placer au centre et l’amie grâce à qui nous nous sommes rencontrés apporte le coffret avec les Précieux

L’adjointe au maire nous confie le micro, nous sommes comme deux idiots, à nous regarder. Mon mari prend mon alliance, répète la phrase qui vient de nous être gentiment soufflée, et me la passe au doigt. Puis je prends son anneau, mais pas le micro, et souffle, bas, juste pour lui, pour nous, la phrase que l’on a dit que l’on éviterait de prononcer tout haut « Un anneau pour les gouverner tous ». Il sourit, moi aussi, je glisse l’alliance à son annulaire, les gens sont déçus car je n’ai rien dit, mais moi, ca me suffit !
Puis la musique de sortie démarre, l’adjointe nous remet le livret de famille, un livre sur la ville, le DVD de la cérémonie. Elle nous demande aussi la signification des couleurs, pourquoi le choix de ce style, et de ces musiques. Nous lui répondons que c'est simplement ce qui nous corresponds, que pour ma part je ne m'imaginais pas me marier en blanc/ivoire ...
Nos invités viennent nous féliciter, nous prendre en photo, nous embrasser. Les enfants que ma mère a gardé depuis des années sont présents dans la salle, ils se jettent sur moi pour me faire des bisous, je suis une princesse … Je me sens princesse, je me sens bien. Pour autant, je suis toujours ailleurs, comme un film, comme quelque chose qui ne serait pas ma vie. La salle se vide, la cour du château se remplit. Nous prenons notre temps, puis enfin, nous arrivons à la porte. Nous descendons le premier escalier, avec une pause le temps de faire des photos, de s’embrasser, de profiter de la superbe vue sur le château, avec tous nos proches qui nous attendent. Puisque nous ne savons pas être sérieux, nous faisons les idiots. Peut-être pour nous rassurer ? Peut-être car sinon, ça ne serait pas nous ? Il me tend le pommeau de sa canne, pour dire un mot. Moi « Euh … Je suis une mite en pull-over », notre délire depuis quelques jours, issu du Cinquième Elément. Pas la phrase qui correspond à la scène du micro collé sous le nez, mais ce n’est pas grave, c’est nous. Puis quand même, je remercie les gens.
Nous descendons le second escalier, posons à nouveau pour les photos … Et nous lançons dans les photos de groupe. Et c’est parti pour 45 minutes dans le vent, parce qu’évidemment, une cour de château-fort un 14 janvier, ça ne peut que ressembler à un frigo !!! Les groupes défilent, nous restons au même endroit. Puis nous terminons cette séquence. Vu le vent, et comme nous avions prévu ce qu’il fallait à la salle nous invitons les gens à aller se réchauffer avec un thé ou un café, pendant que nous faisons nos photos de couple.
Nous sommes tous les deux, avec à proximité notre photographe et notre chauffeur. Mais nous ne réalisons toujours pas…
Ca y est, vous avez le plus important ici ^^
Et en guise d’illustration, cette fois, ça ne sera pas une photo, mais les trois titres que nous avons choisis pour la mairie.
L’entrée :
Mother Earth - Within Temptation
La signature :
Nothing Else Matters - Apocalyptica
La sortie :
Engel - Rammstein
Je continuerai avec les photos, puis le vin d’honneur, le repas et la soirée plus tard. Et aussi le dimanche et les photos du lundi ^^
Dites-moi si vous en avez marre de me lire, j'écrirai pour moi et taillerai ensuite pour poster ici.
Je me rend compte qu'en fait, j'aime bien décrire précisément les choses, mais pour vous c'est peut-être pénible ^^
En tout cas, j'arrête là pour ce soir. Je vous retrouve demain avec la suite, j'essaierai de boucler en deux post.
Bises et bonne nuit !