J'ai tout lu...
Chacun a son avis sur la question, le plus souvent influencé par l'expérience de vie. En ce qui me concerne, ma mère ne travaillait pas à ma naissance et elle est restée à la maison au début, pour ensuite chercher un emploi lorsque j'ai commencé à aller à l'école. J'ai ensuite passé mon enfance à aller de nourrice en nourrice, et ma mère travaillait souvent de nuit. Et pourtant j'ai une relation complètement fusionnelle avec elle, je suis malheureuse loin de mes parents (même si je suis heureuse dans ma vie quotidienne

), je les appelle tous les jours ou tous les deux jours...
J'ai aujourd'hui 28 ans, je travaille, ainsi que mon conjoint. Et pourtant, je sais pertinemment que...
1/ Si j'ai des enfants, ce sera en France;
2/ Si j'ai des enfants, je passerai certainement quelque temps "Ã la maison" pour profiter de leur petite enfance.
Comment dire... l'indépendance, la soi-disant "égalité" sont dans la tête avant d'être dans les faits. Comme le dit si bien Karen, là où l'on se respecte mutuellement, là où l'on se considère comme une famille, je ne vois pas la sujétion, encore moins l'esclavage. Certes, une plus grande partie des tâches ménagères repose sur mes épaules (il fait la vaisselle et passe l'aspi, je fais le reste). Mais c'est parce que je le veux ainsi ! Si c'est lui qui le fait, c'est bâclé (et je ne le laisse pas approcher de ma cuisinière sous peine de mort, j'aime manger de la vraie nourriture...

). Et pourtant il est plein de bonne volonté, et accourt dès que j'ai besoin de lui. Nos dépenses sont communes, nous avons un compte commun de plus de notre compte perso, et toutes les dépenses de la maison y sont portées. Mais parfois je me demande à quoi servent nos comptes perso... nous mettons tellement tout en commun (même les loisirs, les jeux, les restos, les bouquins, les DVD...) que c'est parfois difficile de dire qui a payé quoi.
Bon, OK, les fringues, les cosmétiques... je prends ça sur mon compte à moi. Parce que ce sont mes petites dépenses à moi.
Au final, chacun voit midi à sa porte... celles qui préfèrent bosser, celles qui préfèrent ne pas bosser... Vous avez toutes vos préférences et vos arguments se valent, tout simplement parce que vous avez des points de vue différents, parce que vous êtes différentes et que pour chacune d'entre vous, une vie réussie veut dire quelque chose de différent, à cause de vos goûts respectifs et de vos aspirations. Quelqu'un de très actif et de très perso va préférer sa carrière, quelqu'un qui, comme moi, manque totalement d'ambition professionnelle et ne vit qu'à travers ceux qu'elle aime va sans doute préférer passer quelques années avec ses bambins...
C'est là qu'il m'est totalement impossible d'adhérer au point de vue de Mme Badinter. Partir du postulat que "là est la régression", qu'il existe même un standard d'indépendance de la femme duquel on s'éloignerait soi-disant, c'est aller à l'encontre de cette même indépendance. Longue vie au choix d'avoir le choix: et au diable le féminisme...