Bonsoir,
j'écris ce post en pleine insomnie dans l'espoir de trouver des gens qui auraient vécu plus ou moins la même chose que moi et de trouver des réponses.
Voilà . Donc. J'ai 26 ans. Je fais une dépression depuis à peu près 1 an 1/2, mais dont les causes remontent à mon enfance. Elle a été déclenchée par des évènements que je décrirai tout à l'heure, mais pour que ce soit plus facile à comprendre je vais décrire tout ça dans l'ordre chronologique.
Mes parents se sont séparés quand j'avais 2 ans, et se sont chacun remis avec quelqu'un relativement rapidement. Mon père s'est mis avec une femme (avec qui il avait probablement trompé ma mère, c'est un détail mais qui aura son importance dans la suite de l'histoire) qui se montrait très froide et même hostile envers ma grande soeur et moi-même (nous avions à peu près 4 et 6 ans respectivement).
Elle avait un fils de notre âge, et pendant toute mon enfance, nous n'avons pas cessées ma soeur et moi d'être comparées à lui, en négatif bien sûr. Nous étions trop bruyantes, trop visibles, et en ce qui me concerne pas assez bien habillée, coiffée, pas assez vive, pas assez sportive, trop gourmande, trop grosse(à 6 ans !), etc. Ces critiques venaient de mon père et de ma belle-mère indistinctement.
Je n'ai jamais eu de compliments de mon père. Quand j'accomplissais quelque chose, il me disait "encore heureux" ou "c'est bien mais ce serait mieux si [insérer le commentaire dévalorisant de votre choix]".
Nous avions aussi un traitement particulier dans l'appartement puis la maison qu'ils habitaient : pas de chambre à nous, longtemps pas de lit (nous dormions dans un canapé), puis lorsqu'il y eut davantage de place, et que nous avons eu une chambre, nous n'étions pas consultées pour l'organisation de celle-ci (papier peint, draps, organisation des meubles) alors que le fils de ma belle-mère l'était pour la sienne. On n'avait pas le droit d'utiliser certaines choses, sans plus de raison que ça. Un jour ma belle-mère m'a engueulée parce que je n'avais pas utilisé la bonne serviette de toilette (oui, elle vérifiait laquelle était mouillée après notre douche. Obsessionnelle ? Vous croyez ?. Je me sentais comme un éléphant dans un magasin de porcelaine en permanence. Bref, on nous faisait bien sentir qu'on n'était pas chez nous.
Normal, me direz-vous, pour des enfants présents seulement un week-end sur deux. Oui, sauf que non. Nous avions l'exemple inverse chez ma mère, dont le nouveau mari avait également deux fils, présent à la même fréquence, qui eux étaient traités exactement comme nous et parfaitement intégrés à notre famille. D'ailleurs nous les appelions nos frères, terme dont nous n'avons jamais désigné le fils de ma belle-mère.
Lorsque j'étais encore relativement jeune, j'ai essayé de faire comprendre la situation à ma mère, mon beau-père et mon grand frère qui était déjà adulte à l'époque, sans résultat. J'ai essayé plusieurs fois. J'ai raconté ce qu'on nous disait, les phrases blessantes, humiliantes, dévalorisantes. Au début les réactions étaient encourageantes, mon beau-père avait l'air révolté, j'ai eu l'espoir qu'on me dise que je n'étais plus obligée d'y aller.
Hum.
Au lieu de ça, on m'a collée seule face à face à mon père et à ma belle-mère pour qu'on "s'explique" (car mon père avait convaincu les autres par téléphone que c'était moi qui interprétait mal, qui me sentait persécutée parce qu'au fond je détestais ma belle-mère. Ben tiens. Pratique). Autant vous dire que rien n'a changé.
Vers 8 ans j'ai commencé à avoir des TCA (hyperphagie, probablement pour calmer les angoisses qui montaient quand je savais que je devais y aller, et en revenant idem).
Vers 9 ans mon père m'a forcée à faire un régime (!)
Les TCA ont continué jusqu'à mes 20 ans, moment où j'ai compris ce que c'était et où j'ai commencé à entreprendre une R.A.
Pendant toutes ces années, où je grossissais à vue d'oeil, PERSONNE dans mon entourage ne s'est inquiété, ne m'a emmenée chez le psy, ne m'a même demandé si quelque chose n'allait pas. Et attention c'est du lourd : ma mère était psychologue, mon beau-père médecin généraliste, mon père professeur.
Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, paraît-il.
Et bien sûr il faut penser aussi, comme rien n'est jamais simple, que pendant ce temps là du côté de ma mère c'était la merde aussi : beau-père colérique et violent (pas contre les gens heureusement, mais quand même) qui nous a abandonnées ma soeur et moi après leur divorce (j'avais 11 ans), que je n'ai jamais revu, ni lui ni ses fils, eux que je considérait comme mes "vrais" père et frères face à mon père biologique défaillant.
Comme toute ma famille avait toujours nié cette maltraitance, je m'en suis rendu compte assez tardivement et c'est très récemment que j'ose utiliser ce terme, car même ma soeur aujourd'hui nie en bloc tout ce qui est arrivé. De plus mon père et ma belle-mère ont beaucoup changé, elle en particulier, aujourd'hui je m'entends très bien avec elle (bizarrement). Mon père est encore dans une logique de dénigrement mais comme il est aussi assez lâche, il le fait moins ouvertement car je pense qu'il a peur de moi et de ce que pourrais lui dire, notamment le mettre en face de ses responsabilités de l'époque. Lui qui s'était toujours montré très avare ne l'est plus aujourd'hui, il m'aide financièrement.
Tout cela fait qu'il est très dur pour moi de gérer les souvenirs qui remontent de cette époque car les personnes qui m'ont maltraitée n'existent plus.
Et en même temps si.
Bref c'est compliqué.
Pour en revenir, enfin, à ce qui a déclenché ma dépression, ce sont trois évènements qui me sont arrivés en 2009-2010.
D'abord, la mort de mon grand-père paternel, seul adulte bienveillant de ce côté de la famille, m'a fait énormément de peine.
Puis, immédiatement après, j'ai rencontré de grosses difficultés professionnelles (j'étais prof... comme mon père, eh oui !)qui m'ont amené à démissionner à la rentrée 2011. Le fait que je fasse le même boulot que lui nous avait rapprochés, renoncer à cela a été très difficile et douloureux (sans compter les difficultés professionnelles seules, entre autres le harcèlement de la part d'une formatrice pendant mon année de stage).
Enfin, mon père et ma belle-mère se sont séparés. Et c'est comme si tous les efforts que j'avais pu faire, tout ce que j'avais pris sur moi pendant toutes ces années pour finalement réussir à avoir une relation normale avec eux, tout ça comptait pour rien. D'autant plus que là encore mon père l'a quittée pour une autre femme et sans doute trompée, et que c'est moi qui le lui ait appris (il m'avait présenté sa nouvelle compagne mais n'avait pas dit à son ex qu'il en avait une, la classe).
Quelque chose s'est brisé en moi à ce moment là , j'ai eu soudain la conviction que la relation qu'on pouvait avoir n'avait au final jamais compté pour lui, puisqu'il en faisait ça, après tout ce que ça m'avait coûté.
Voilà où j'en suis aujourd'hui, perdue, cassée, sans trop de confiance en moi car toujours l'impression de ne pas être assez bien pour que mon père ait envie d'avoir une vraie relation avec moi. Même si au fond je sais bien que le problème c'est lui et pas moi, la douleur est là , en permanence.
Seuls mes amis et mon compagnon me soutiennent, ma famille me trouve "hypersensible" et pense que je fabule.
J'aimerais beaucoup que d'autres fassent partager des expériences similaires s'il y en a, et si vous avez des conseils pour s'en sortir je prends...
Egalement, s'il y a des gens qui ont envie de parler de ce genre de choses sur Metz, ce serait avec grand plaisir.
Merci de m'avoir lue
j'écris ce post en pleine insomnie dans l'espoir de trouver des gens qui auraient vécu plus ou moins la même chose que moi et de trouver des réponses.
Voilà . Donc. J'ai 26 ans. Je fais une dépression depuis à peu près 1 an 1/2, mais dont les causes remontent à mon enfance. Elle a été déclenchée par des évènements que je décrirai tout à l'heure, mais pour que ce soit plus facile à comprendre je vais décrire tout ça dans l'ordre chronologique.
Mes parents se sont séparés quand j'avais 2 ans, et se sont chacun remis avec quelqu'un relativement rapidement. Mon père s'est mis avec une femme (avec qui il avait probablement trompé ma mère, c'est un détail mais qui aura son importance dans la suite de l'histoire) qui se montrait très froide et même hostile envers ma grande soeur et moi-même (nous avions à peu près 4 et 6 ans respectivement).
Elle avait un fils de notre âge, et pendant toute mon enfance, nous n'avons pas cessées ma soeur et moi d'être comparées à lui, en négatif bien sûr. Nous étions trop bruyantes, trop visibles, et en ce qui me concerne pas assez bien habillée, coiffée, pas assez vive, pas assez sportive, trop gourmande, trop grosse(à 6 ans !), etc. Ces critiques venaient de mon père et de ma belle-mère indistinctement.
Je n'ai jamais eu de compliments de mon père. Quand j'accomplissais quelque chose, il me disait "encore heureux" ou "c'est bien mais ce serait mieux si [insérer le commentaire dévalorisant de votre choix]".
Nous avions aussi un traitement particulier dans l'appartement puis la maison qu'ils habitaient : pas de chambre à nous, longtemps pas de lit (nous dormions dans un canapé), puis lorsqu'il y eut davantage de place, et que nous avons eu une chambre, nous n'étions pas consultées pour l'organisation de celle-ci (papier peint, draps, organisation des meubles) alors que le fils de ma belle-mère l'était pour la sienne. On n'avait pas le droit d'utiliser certaines choses, sans plus de raison que ça. Un jour ma belle-mère m'a engueulée parce que je n'avais pas utilisé la bonne serviette de toilette (oui, elle vérifiait laquelle était mouillée après notre douche. Obsessionnelle ? Vous croyez ?. Je me sentais comme un éléphant dans un magasin de porcelaine en permanence. Bref, on nous faisait bien sentir qu'on n'était pas chez nous.
Normal, me direz-vous, pour des enfants présents seulement un week-end sur deux. Oui, sauf que non. Nous avions l'exemple inverse chez ma mère, dont le nouveau mari avait également deux fils, présent à la même fréquence, qui eux étaient traités exactement comme nous et parfaitement intégrés à notre famille. D'ailleurs nous les appelions nos frères, terme dont nous n'avons jamais désigné le fils de ma belle-mère.
Lorsque j'étais encore relativement jeune, j'ai essayé de faire comprendre la situation à ma mère, mon beau-père et mon grand frère qui était déjà adulte à l'époque, sans résultat. J'ai essayé plusieurs fois. J'ai raconté ce qu'on nous disait, les phrases blessantes, humiliantes, dévalorisantes. Au début les réactions étaient encourageantes, mon beau-père avait l'air révolté, j'ai eu l'espoir qu'on me dise que je n'étais plus obligée d'y aller.
Hum.
Au lieu de ça, on m'a collée seule face à face à mon père et à ma belle-mère pour qu'on "s'explique" (car mon père avait convaincu les autres par téléphone que c'était moi qui interprétait mal, qui me sentait persécutée parce qu'au fond je détestais ma belle-mère. Ben tiens. Pratique). Autant vous dire que rien n'a changé.
Vers 8 ans j'ai commencé à avoir des TCA (hyperphagie, probablement pour calmer les angoisses qui montaient quand je savais que je devais y aller, et en revenant idem).
Vers 9 ans mon père m'a forcée à faire un régime (!)
Les TCA ont continué jusqu'à mes 20 ans, moment où j'ai compris ce que c'était et où j'ai commencé à entreprendre une R.A.
Pendant toutes ces années, où je grossissais à vue d'oeil, PERSONNE dans mon entourage ne s'est inquiété, ne m'a emmenée chez le psy, ne m'a même demandé si quelque chose n'allait pas. Et attention c'est du lourd : ma mère était psychologue, mon beau-père médecin généraliste, mon père professeur.
Les cordonniers sont toujours les plus mal chaussés, paraît-il.
Et bien sûr il faut penser aussi, comme rien n'est jamais simple, que pendant ce temps là du côté de ma mère c'était la merde aussi : beau-père colérique et violent (pas contre les gens heureusement, mais quand même) qui nous a abandonnées ma soeur et moi après leur divorce (j'avais 11 ans), que je n'ai jamais revu, ni lui ni ses fils, eux que je considérait comme mes "vrais" père et frères face à mon père biologique défaillant.
Comme toute ma famille avait toujours nié cette maltraitance, je m'en suis rendu compte assez tardivement et c'est très récemment que j'ose utiliser ce terme, car même ma soeur aujourd'hui nie en bloc tout ce qui est arrivé. De plus mon père et ma belle-mère ont beaucoup changé, elle en particulier, aujourd'hui je m'entends très bien avec elle (bizarrement). Mon père est encore dans une logique de dénigrement mais comme il est aussi assez lâche, il le fait moins ouvertement car je pense qu'il a peur de moi et de ce que pourrais lui dire, notamment le mettre en face de ses responsabilités de l'époque. Lui qui s'était toujours montré très avare ne l'est plus aujourd'hui, il m'aide financièrement.
Tout cela fait qu'il est très dur pour moi de gérer les souvenirs qui remontent de cette époque car les personnes qui m'ont maltraitée n'existent plus.
Et en même temps si.
Bref c'est compliqué.
Pour en revenir, enfin, à ce qui a déclenché ma dépression, ce sont trois évènements qui me sont arrivés en 2009-2010.
D'abord, la mort de mon grand-père paternel, seul adulte bienveillant de ce côté de la famille, m'a fait énormément de peine.
Puis, immédiatement après, j'ai rencontré de grosses difficultés professionnelles (j'étais prof... comme mon père, eh oui !)qui m'ont amené à démissionner à la rentrée 2011. Le fait que je fasse le même boulot que lui nous avait rapprochés, renoncer à cela a été très difficile et douloureux (sans compter les difficultés professionnelles seules, entre autres le harcèlement de la part d'une formatrice pendant mon année de stage).
Enfin, mon père et ma belle-mère se sont séparés. Et c'est comme si tous les efforts que j'avais pu faire, tout ce que j'avais pris sur moi pendant toutes ces années pour finalement réussir à avoir une relation normale avec eux, tout ça comptait pour rien. D'autant plus que là encore mon père l'a quittée pour une autre femme et sans doute trompée, et que c'est moi qui le lui ait appris (il m'avait présenté sa nouvelle compagne mais n'avait pas dit à son ex qu'il en avait une, la classe).
Quelque chose s'est brisé en moi à ce moment là , j'ai eu soudain la conviction que la relation qu'on pouvait avoir n'avait au final jamais compté pour lui, puisqu'il en faisait ça, après tout ce que ça m'avait coûté.
Voilà où j'en suis aujourd'hui, perdue, cassée, sans trop de confiance en moi car toujours l'impression de ne pas être assez bien pour que mon père ait envie d'avoir une vraie relation avec moi. Même si au fond je sais bien que le problème c'est lui et pas moi, la douleur est là , en permanence.
Seuls mes amis et mon compagnon me soutiennent, ma famille me trouve "hypersensible" et pense que je fabule.
J'aimerais beaucoup que d'autres fassent partager des expériences similaires s'il y en a, et si vous avez des conseils pour s'en sortir je prends...
Egalement, s'il y a des gens qui ont envie de parler de ce genre de choses sur Metz, ce serait avec grand plaisir.
Merci de m'avoir lue
