Ce que je ne fais pas ?
Courir, par exemple. Mais c'est aussi mon médecin qui me l'interdit parce que ça serait uniquement de moi je le ferais quand même un peu, même si je ne peux pas courir longtemps faute de souffle.
Monter à cheval, par peur de faire mal au cheval.
Mettre une jupe ou une robe sans collants opaques ou sans leggings dessous. Mais, d'une autre côté, je ne trouve vraiment pas ça pratique sans.
Après il y a un tas de choses que je n'osais pas faire et que je fais maintenant parce qu'au fond, même si ça a pris du temps, je me fiche de ce que pensent les gens tant que je suis en accord avec moi-même.
Par exemple, je suis plus coquette qu'avant et j'ose m'amuser avec mes tenues quitte à n'être pas "à la mode" ou "normale" (et puis c'est quoi "normal" ?), tant que je suis moi.
Je me permets de rentrer dans certains magasins "petites tailles" même si les gens me dévisagent : après tout, les accessoires sympa, les petits sacs et tout, j'y ai droit moi aussi.
J'ose manger dans la rue et lorsque je surprend certains regards j'ai de la peine... pour les gens qui s'imaginent que parce qu'on est en surpoids on a seulement le droit de manger de la salade. Il ne faut pas être bien net pour faire des réflexions comme on en entend ("normal qu'elle soit grosse" parce que "elle" mange à l'heure qu'elle peut et n'a même pas le temps de se poser) plutôt que de se dire "elle doit avoir faim" ou même "ça a l'air bon". Le règne des apparences.
J'ose me montrer. Je suis plus le boulet que le canon (oui, on peut aussi faire dans l'auto-dérision) mais je ne vais pas arranger les choses en me cachant. Moi aussi j'ai des choses à apporter aux autres.
J'ose apparaître sûre de moi. J'ai été élevée dans l'idée que j'étais plus "grosse" que mes copines (plus développée aurait été plus approprié à l'époque puisque je commençais à avoir des formes alors qu'elles n'avaient juste pas encore de poitrine) et, donc, que je devais avoir honte et "changer". Et bien je n'ai plus honte : le surpoids fait partie de moi, de mon vécu, de ma personnalité et puis, zut, je ne suis pas plus moche qu'une autre.
J'ose mettre de la lingerie affriolante. J'ose me balader nue devant mon homme. Il m'aime comme ça et, lorsque je me vois ainsi mise en valeur, je m'aime aussi.
J'ose aller à la piscine. Au final, ils s'en moquent, les gens, de mes grosses cuisses ou de mon ventre puisqu'ils sont là pour nager eux aussi. Je regrette juste de ne pas avoir de piscine plus près de la maison pour y aller plus souvent et essayer de vaincre définitivement ma peur de l'eau.
En fait, maintenant, à quelques exceptions près, je parviens enfin à être une femme, une vraie, et non seulement une "petite grosse" honteuse.
Alors même s'il y a des choses que l'on ose pas, je crois qu'il faut vraiment faire un essai, juste pour voir qu'en fait ce n'est pas pire parce qu'on a osé. Mais c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire.
Soyons dans l'énorme...