Je peux répondre, même si je ne suis pas vraiment partie ?
J'ai supporté l'alcoolisme de zom et tout ce qui va avec pendant près de 10 ans. La seule chose qu'il ne m'avait pas faite, c'est de me frappper.
J'ai tout supporté. Mais un jour, il a levé la main sur moi. En fait je n'en sais rien, j'ai juste vu sa main arriver vers moi. Je ne sais pas s'il avait vraiment l'intention de me frapper. Ce que je sais c'est qu'il était soul et que j'ai vu arriver sa main et que j'ai été plus rapide.
C'est ce geste là qui m'a décidée à partir. Il m'a fait prendre conscience du reste, du fait que je bousillais ma vie à attendre une amélioration qui ne viendrait peut-être jamais. J'ai tout à coup vu cette escalade de faits que je me refusais à voir avant. Et j'ai compris qu'il n'y aurait peut-être pas de fin, que j'avais déjà perdu 10 ans et je me suis demandé combien j'allais en perdre encore...
Alors la mort dans l'âme, parce que je l'aimais toujours, et la peur au ventre parce qu'il m'avait dit que si je le quittais il se suiciderait et que je l'en pensais capable, j'ai pris rendez-vous avec un avocat pour divorcer.
Je ne me fichais pas de ce qui allait arriver, j'en étais malheureuse et mon amour était toujours là , malgré tout. Mais après avoir pensé à lui pendant toutes ces années, j'ai compris qu'il était temps de penser à moi et que ça ne pouvait passer que par une séparation.
La vie en a décidé autrement puisque quelques jours plus tard, lui aussi a eu ce déclic que j'attendais. J'ai quand même continué la procédure.
Mais voyant qu'il tenait ce qu'il avait promis, j'ai accepté de rester.
Ca fait 5 ans et demi. Il tient toujours ses promesses.
Mais je croyais qu'il faudrait juste qu'on répare certaines choses. Je me trompais, il a fallu démolir pour reconstruire et c'est dur. Je ne regrette pas, mais j'ai vécu des moments où j'ai pensé que tout aurait été plus simple si j'avais été au bout de ma démarche, parce que la reconstruction c'est parfois aussi dur que la chute.
Donc voilà pour moi. C'est un geste qui a créé un déclic, qui m'a fait comprendre que j'étais au bout de ce que je pouvais (et devais) supporter et qui m'a montré que j'étais déjà allée bien trop loin.