bagherra a écrit :La chirurgie n'est donc pas nécessaire dans le sens où on peut vivre sans elle (et nos ancetres l'ont fait depuis toujours) mais peut être utile lorsqu'elle est réfléchie et vue comme un acte médical et non comme un coup de baguette magique.
Nos ancètres vivaient aussi sans antibiotiques, donc on peut dire qu'aucun antibiotique n'est nécessaire. Nos ancètres ne connaissaient ni l'électricité ni l'avion, c'est donc également inutil...
Non, ce n'est pas ainsi qu'il faut le concevoir. Aujourd'hui le monde nous offre de nouveaux moyens. Il faut savoir les utiliser intelligemment. Pour ce qui est du risque opératoire, je te renvoie au second rapport sur le groupe test des patients ayant subi une gastroplastie,
http://www.ameli.fr/pdf/1953.pdf , page 9, les coûts. Justement les opérés qui répondent aux critères subissent ensuite moins d'hospitalisation.
Alors, oui, c'est une opération qui doit se justifier et par autre chose qu'un mal être psychologique, car elle ne le soignera pas mieux que n'importe quelle autre opération chirugicale.
Oui, il faut être extrèmement conscient de la gravité de ces opérations et ne pas zapper le suivi post opératoire, aussi bien celui des premiers jours, quand peuvent surgir les redoutables complications nausocomiales (toute affection survenant dans le "champ opératoire", le mois suivant une opération, notamment), comme les infections aux staphylocoques du boitier et les péritonites, que le suivi à moyen et long terme.
Pire, 15 ans après pour l'anneau, 30 ans après pour le by-pass, pour beaucoup de chirurgiens, cette opération reste quelque chose dont ils maitrisent mal le mode d'emploi. J'en veux pour témoin l'incroyable anarchie sur la réalimentation durant les premiers mois. En fait, pour certaines équipes, il faut impérativement manger des aliments préalablement mixés au blender, pour d'autres, il faut au contraire s'efforcer de manger normalement. Les premiers apportent comme justificatif le fait que "les coutures sont fragiles", ce qui parait logique. J'ai eu beaucoup de mal à trouver l'explication pour les seconds, je l'ai cherché partout dans le net après avoir eu des problèmes avec le régime soupe. Et l'explication est toute bête :
- manger de la soupe apporte beaucoup moins la sensation de satiété, donc risque de dépasser les rations rapidement. Cela d'autant plus que la plus part des régimes que j'ai analysé tournent à moins de 800 calories/jour, et cela pour des obèses qui pour la plus part étaient à plus de 3000 avant.
- manger de la soupe lasse et amène à des réactions d'anorexies ou de compulsions, qui ne sont jamais très loin chez les obèses
Alors, l'autre branche de l'alternative, qui serait tellement simple à mettre en pratique avant l'opération, pourquoi n'est-elle pas institutionalisée ? Quand j'ai expliqué à ma diététicienne que j'avais fait ce travail depuis que j'avais la doc d'Obtech sur l'anneau et qu'au passage la technique du "mixé en bouche" m'avait permis d'avoir retrouvé et cultivé depuis plus de 3 mois de très intérressantes sensations de satiété, elle a été extrèmement surprise. Mais d'un autre côté, quand je lui ai parlé de réaction d'anorexie au régime soupe, ou de problème de faim et "satiété" (ou plutôt "risque de débordement") en même tant, elle m'a dit que j'étais la première à lui en parler. Peut-être aussi une timidité de notre part à nous les patients. Sur le premier point, j'ai trouvé bien d'autres cas sur internet. Sur le second point, c'est un autre des ses patients qui m'a répondu simplement "Tu apprendras à gérer !"
Personnellement je n'en suis qu'à un mois d'anneau et pas de resserage avant au moins 2 mois encore. Que découvrirai-je alors comme incohérence ?
Et donc oui, ces opérations sont donc encore trop exprimentales. Seul un travail fouillé sur internet permet de trouver les explications qui devraient être fournies clés en mains. Mis est-ce que cela veut dire qu'il ne faut pas les tenter, car au bout de 30 ans les premiers américains opérés du by-pas en ont encore des suites plus que satisfaisantes niveau poids et santé, en moyenne. En moyenne seulement car rien ne peut nous promettre la lune.
Mais au final je suis profondément d'accord avec ce que tu dis, ce n'est acceptable que si c'est un moyen de mieux vivre sa vie (physiquement et intellectuellement). Statistiquement parlant, quand les conditions sont respectées, c'est le cas nous dit la sécu, chiffre en main, sans compter beaucoup de stat issues d'organismes officiels de pays différents présentes sur le net.