« Le fado n'est ni gai ni triste, c'est un épisode de l'entracte, l'âme portugaise l'a conçu quand il n'existait pas, et qu'elle désirait tout sans avoir la force de le désirer, (...) c'est la fatigue de l'âme forte, le regard de mépris du Portugal vers le dieu en qui il a cru et qui l'a aussi abandonné. » Telle est la définition du fado donnée en 1929 par le poète Fernando Pessoa. Plus qu'un genre, ce chant du large, né dans les plantations esclavagistes de l'Amérique du Sud autant que dans les salons de la cour portugaise expatriée, est, comme l'explique Joaquim Pais de Brito, directeur du musée d'Ethnologie de Lisbonne, « un style, une esthétique, celui d'un espace que l'on délimite et que l'on occupe ». Sacré, mais aussi musique de plaisir, le fado est empreint d'une sentimentalité passionnée et passionnelle et reflète une certaine religiosité des émotions. Sublimé par les voix d'Amalia Rodrigues, d'Herminia Silva, Maria de Nazaré… il a ses puristes mais aussi ses maisons, ses rues, ses quartiers... Véronique Mortaigne, critique musical au Monde et spécialiste de la culture brésilienne nous y entraîne, tout en nous contant sa longue et tumultueuse histoire ainsi que ses lois. Un livre initiatique à regarder - de superbes photos l'illustrent - mais aussi à écouter, puisqu'un CD de dix-huit titres, chantés par Amalia Rodrigues, Carlos do Carmo, Cesaria Evora ou encore le groupe Madredeus, l'accompagne.
J'adore le fado : c'est sensuel, triste et mélancolique.

Déchirant.

Des amateurs pour aller assister à des concerts ?

Jonquille :)
J'ai visité le musée du fado à Lisboa... Moi qui n'y connaissait rien, et n'était à priori pas très emballée... J'ai adoré. L'ambiance, l'esprit, cette mélancolie... Très beau.
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